le livre Koumiko - Anna Dubosc - Quidam
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Coup de coeur

Pages:192
Éditeur:Quidam
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NOTES DES LECTEURS

NOTRE PITCH

Koumiko, poétesse japonaise arrivée en France en 1966, perd peu à peu la mémoire. Sa fille, Anna Dubosc, nous fait ici le récit de la dégradation progressive de l’état de sa mère.

Un texte écrit au présent, des phrases courtes, sur le fil, permettent de traduire l’urgence à vouloir conserver l’essence de cette femme dotée d’un sacré caractère ! L’enfance d’Anna et sa sœur n’a pas été des plus classiques… sa démence ne fait que renforcer son esprit pour le moins entêté et fantasque. Et pourtant, on perçoit un amour inconditionnel d'Anna pour sa mère, même si la gestion du quotidien, un peu plus inattendu chaque jour, lui fait également parfois ressentir de la colère.

Le récit s’étend sur quelques mois, le registre souvent tragi-comique est ponctué des réflexions de Koumiko, dans un français haché, réduisant son discours à l’essentiel. La poétesse a ainsi disparu pour laisser place à Koumiko, cette femme souvent en souffrance, dépendante de sa fille mais ayant du mal à lui exprimer son amour.

Un témoignage courageux, honnête, sans filtre et finalement apaisé, qui reflète la complexité universelle des rapports entre une fille et une mère qui n’est plus vraiment elle-même mais dont elle réussit à sauver la mémoire...

FRAGMENT de Koumiko

« Elle sort au bout d'une heure, elle traverse le jardin. Elle est toute propre, elle s'est lavé les cheveux. Rien ne pourrait autant me contenter. Je mets Leonard Cohen. Elle adore Leonard Cohen. Je sais qu'elle s'en souvient, comme tout ce qui remonte à loin. Je voudrais l'entourer de ses souvenirs encore intacts et lui faire oublier tout ce qu'elle oublie à longueur de minute, qu'elle reste dans cette enclave où sa mémoire lui appartient.

À table, Jules la fait parler de son passé. À l'écouter, personne ne pourrait croire qu'elle a le cerveau cramé, mais dès qu'on parle de choses récentes, elle est perdue.

J'écris en écoutant de la musique. Je n'entends pas quand on frappe. Une main frôle mon épaule. Je me retourne en sursautant, j'enlève mon casque. La voisine me ramène ma mère qui errait dans le village. Une fois qu'elle est partie, Koumiko prétend qu'elle a rencontré la tante de Jules qui était perdue et que c'est elle-même qui l'a conduite ici. »

LES MOTS QUI VIENNENT

Famille – amour – démence – quotidien - urgence

ATOUTS

Leçon d’empathie – récit d’amour – franchise des sentiments de l’auteure

MOOD

Avoir envie de tirer le meilleur d’une situation sur laquelle on n’a pas de prise.

Anna Dubosc est née à Paris, en 1974. Elle est la fille de la célèbre poétesse japonaise, Koumiko Muraoka, muse du film Le Mystère Koumiko (1965). Koumiko est le premier roman d’une trilogie qui explore la vie d’Anna Dubosc et sa relation avec sa mère. Il remporte le Prix Hors Concours en 2016.

Détails du produit

Anna Dubosc
Koumiko - Quidam

Fiche technique

Pages
192
Éditeur
Quidam

La presse en parle

LE point

10 nov. 2016

Un livre puissant

(…) Dans ce texte à fleur de peau, Anna Dubosc rend hommage à sa mère Koumiko Muraoka, poétesse, qui fut par ailleurs filmée par Chris Marker dans Le Mystère Koumiko (1964). Excessive, flamboyante et fantasque, Koumiko a toujours vécu à sa guise, inventé ses propres règles. Mais la vieillesse survient et peu à peu la mémoire se dérobe. Koumiko perd tout, s'égare au propre comme au figuré, oublie les instructions les plus simples et s'énerve quand elle est prise en défaut. Sa fille raconte avec une précision désolée cette lutte au jour le jour, et l'impuissance désespérante des proches. Mais loin de tout trémolo facile, elle ne gomme ni ses agacements, ni les rires arrachés par l'incongruité des situations dans lesquelles Koumiko la plonge. (…) 
Un texte vivifiant, porté par l'amour de l'instant et le respect tendre de l'étrangeté de chacun.

un dernier livre avant la fin du monde

20 sept. 2023

Un portrait sans artifice d’une femme, d’une mère et d’une poétesse

(…) Sobrement intitulé Koumiko, ce roman d’Anna Dubosc saisit et rassemble les fragments d’une pensée qui s’effrite. Son verbe est rapide, frontal, d’une honnêteté sans fard qui percute et où transperce l’urgence d’immortaliser l’entièreté disloquée de sa mère, sa présence parfois contraire à tout ce qu’elle a toujours incarné. (…) Ce portrait naturel, sans pathos ni artifice, d’une femme, d’une mère et d’une poétesse devenue vieille et dont l’esprit est frappé par la déliquescence, s’écrit en creux et en plein selon la rugosité ou la légèreté des moments vécus. On ressent la force du lien la reliant à ses filles, la dureté de la maladie qui les touche de plein fouet. (…) D’une écriture à vif, Anna Dubosc couche sur papier les nouvelles habitudes créées avec une personne tombant peu à peu dans l’oubli d’elle-même, la tendresse des gestes qui se souviennent et des derniers instants qui éclosent. (...)

Ça sent le book

20 avr. 2016

Retentissant

Avec beaucoup de simplicité, Anna Dubosc aborde la difficile condition de celui qui accompagne, de celui qui passe du statut d’enfant à celui d’aidant. Elle évoque les sentiments contradictoires, l’impuissance, l’envie de continuer à partager des choses, un restaurant, une séance au cinéma, et à la fois la distance qui se creuse et le quotidien qui se désagrège. (…) L’écriture presque sèche, directe, sans fard ajoute en spontanéité et peut s’avérer assez perturbant. Des mots presque comme ils viennent, comme si Anna Dubosc nous les racontait là, à la terrasse d’un café, à l’angle d’un immeuble parisien. Nous avons l’étrange impression de connaître ces deux femmes et de régulièrement prendre des nouvelles de leur quotidien chamboulé. Un texte qui fait écho, met le doigt sur le chamboulement, la difficulté à admettre la maladie et l’éventuelle disparition. A chaque page on se demande si le fil va céder, on se prépare pour faire face et on se laisse finalement aller, porter, la trouille au ventre que ça tourne court. C’est un bel hommage à sa mère que livre ici Anna Dubosc, un grand cri d’amour (…)

La viduité

29 juin. 2023

Une vraie et grave drôlerie

Attraper les ultimes instants, souvenirs, de bonheur dans la démence, en rire même, pour rattraper, par une écriture au plus près de l’instant, du vivant, ce qui s’enfuit. (...) Anna Dubosc retranscrit l’émotion d’une mère qui devient étrangère à elle-même, perd la mémoire qu’alors sa fille prend en charge, traque la folie sympathique de vouloir tout conserver, de se souvenir : d’écrire. Koumiko ou l’hommage sensible à une mère, à son désordre, à sa capacité de se réjouir, juste avant la perte, de ce qui est.

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