
Bamboo song, le plénipotentiaire du vent
Louis-Ferdinand DespreezColonisation - Éthiopie - Laos - exil - quête - filiation - Rimbaud
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Coup de coeur

NOTES DES LECTEURS
Justin, le narrateur entreprend le convoyage d’un remorqueur entre les Pays-Bas et la Bourgogne en compagnie de son père. Un jour, ils font escale dans un village au bord du Doubs pour réparer une avarie et Justin fait alors la connaissance de Lazare. Défiguré et solitaire, le vieil homme semble susciter l’animosité du village ; il va lui confier son histoire tragique…
Nous n’en dirons pas plus mais il y sera question d’amitié, d’amour, de trahisons, de cupidité, le tout dans un décor où la nature est omniprésente : la rivière et ses abords apportent une touche singulière et supplémentaire à la tension grandissante au fil du roman.
On est happé par l’atmosphère de ce village aux personnages si authentiques. Un univers proche de Maupassant où se mêle tableaux intemporels et histoires sombres. Un court roman très efficace !
« Un réseau de ravines sculptait les versants face à nous, tandis que d’imposantes falaises de grès tombaient en à-pic sur la rivière. De grandes taches sombres roulaient à la surface des flots, provenant des nuages qui voilaient le soleil et qui dansaient autour de lui en dessinant une couronne d’épines. La lumière oscillait sans cesse, cela fatiguait les yeux. La chaleur m’épuisait. La sueur dégoulinait sur mon front, collait à ma nuque et entre mes omoplates. J’étais mal assis dans sa barque, ou plutôt j’étais mal à l’aise, assis dans sa barque et son récit, et puis, comme un genre de crécelles, d’invisibles oiseaux planqués dans la forêt s’écriaient sporadiquement sur notre passage. Lazare avait changé d’attitude : il avait replongé dans une forme de déprime amère, le timbre de sa voix était plus rauque, plus décidé. Presque menaçant. Il me prenait à témoin, je le sentais, il y avait une tension sourde, comme s’il m’en voulait de l’avoir incité à raconter son histoire. »
Amour – amitié - cruauté – trahison - rivière - rivalité
Intemporalité du récit - écriture ciselée
Au bord d’une rivière…
Prix Marcel-Aymé 2021
Grégoire Domenach est né en 1989 à Chamonix et a grandi en Haute-Savoie. Il a étudié la science politique pendant quatre ans au Québec. Sa profonde curiosité l’a conduit en Ukraine, en Pologne, en Russie et jusqu’au Kazakhstan, avant de revenir s’installer en Franche-Comté. Il a navigué sur de nombreux fleuves et rivières dans tous les pays qu'il a traversés.
Il est l’auteur de Nébuleuses des Écorchés (2013), paru aux Éditions l'Harmattan et de Psyanka (2015), paru aux Éditions Carnets d'Art. Entre la source et l’estuaire est son troisième roman.
8 janv. 2021
28 janv. 2021
18 nov. 2021
25 fév. 2021
28 mars 2021
Bamboo song, le plénipotentiaire du vent
Louis-Ferdinand Despreez
Justin, le narrateur entreprend le convoyage d’un remorqueur entre les Pays-Bas et la Bourgogne en compagnie de son père. Un jour, ils font escale dans un village au bord du Doubs pour réparer une avarie et Justin fait alors la connaissance de Lazare. Défiguré et solitaire, le vieil homme semble susciter l’animosité du village ; il va lui confier son histoire tragique…
Nous n’en dirons pas plus mais il y sera question d’amitié, d’amour, de trahisons, de cupidité, le tout dans un décor où la nature est omniprésente : la rivière et ses abords apportent une touche singulière et supplémentaire à la tension grandissante au fil du roman.
On est happé par l’atmosphère de ce village aux personnages si authentiques. Un univers proche de Maupassant où se mêle tableaux intemporels et histoires sombres. Un court roman très efficace !
« Un réseau de ravines sculptait les versants face à nous, tandis que d’imposantes falaises de grès tombaient en à-pic sur la rivière. De grandes taches sombres roulaient à la surface des flots, provenant des nuages qui voilaient le soleil et qui dansaient autour de lui en dessinant une couronne d’épines. La lumière oscillait sans cesse, cela fatiguait les yeux. La chaleur m’épuisait. La sueur dégoulinait sur mon front, collait à ma nuque et entre mes omoplates. J’étais mal assis dans sa barque, ou plutôt j’étais mal à l’aise, assis dans sa barque et son récit, et puis, comme un genre de crécelles, d’invisibles oiseaux planqués dans la forêt s’écriaient sporadiquement sur notre passage. Lazare avait changé d’attitude : il avait replongé dans une forme de déprime amère, le timbre de sa voix était plus rauque, plus décidé. Presque menaçant. Il me prenait à témoin, je le sentais, il y avait une tension sourde, comme s’il m’en voulait de l’avoir incité à raconter son histoire. »
Amour – amitié - cruauté – trahison - rivière - rivalité
Intemporalité du récit - écriture ciselée
Au bord d’une rivière…
Prix Marcel-Aymé 2021