Le livre Mikado d'enfance de Gilles Rozier Éditions de l'Antilope
    18,00 €
    TTC
    18,00 €
    TTC
    Quantité

    Coup de coeur

    Pages:192
    Éditeur:Éditions de l'Antilope
    (0/5)

    NOTES DES LECTEURS

    NOTRE PITCH


    Quarante ans après “lévénement“, un mail inattendu va réveiller un incident traumatique de l’enfance de l’auteur : une exclusion temporaire décidée par son collège suite à un acte antisémite mené à plusieurs.

    « Comment voulez-vous que mon fils soit antisémite alors que mon père est mort à Auschwitz ? », répliquera sa mère.

    Se souvenir des détails, rassembler les pièces du puzzle…, l’auteur explore ici les souvenirs familiaux qui ont façonné son cheminement alors que cette histoire, ancrée dans sa mémoire, demeure comme une blessure profonde.

    Fils d'une mère juive et d'un père catholique - tous deux anticléricaux -, Gilles Rozier se spécialise, à l'âge adulte, dans la culture yiddish, comme un retour aux sources. L’auteur nous livre une réflexion sur la manière dont le passé dicte nécessairement le présent.

    Un récit touchant, pudique, sur les racines, reflet d’un après-guerre silencieux qui cherche à taire pour oublier.

    FRAGMENT DE Mikado d'enfance

    « Ce jour de 1974, le ciel avait failli tomber sur la tête de la sixième 2. La classe de l'enfant aux yeux bleus. À trente minutes près, j'aurais pu mourir dans l'effondrement du faux plafond, en compagnie de mes camarades. Vincent, Pierre, Pascale et les autres de la photo. Pour moi, c'est l'année suivante que le plafond s'est vraiment effondré. À la fin du printemps, alors que la campagne resplendissait autour du collège, les cerisiers étaient en fleurs, les prairies à flanc de coteaux verdissaient et moi, j'ai pris un coup de massue. Ça s'est passé là, en ce lieu, au collège de Vizille. »

    LES MOTS QUI VIENNENT

    Antisémitisme – mémoire familiale – enfance - secret

    ATOUTS

    Réflexion riche sur les racines – les expressions et pointes d’humour, reflets des non-dits familiaux face à la Shoah – l’ambiance du collège dans les années 70

    MOOD

    Avant d'éplucher ses albums photos d'enfance

    Gilles Rozier est né à Grenoble en 1963. Il est traducteur de l’hébreu et du yiddish. Il a cofondé, en 2016, les éditions de l’Antilope. Il est également l’auteur de sept romans.

    Détails du produit

    Gilles Rozier
    Mikado d'enfance - Éditions de l'Antilope

    Fiche technique

    Pages
    192
    Éditeur
    Éditions de l'Antilope

    La presse en parle

    Liberation

    Août 2019

    Roman initiatique, humble et souvent émouvant

    Antisémitisme. C'est ce dont on accuse ici le narrateur - qui n'est autre que Gilles Rozier lui- même- alors âgé de 12 ans. Des camarades rédigent une brève mais ignoble lettre ; il fournit, spontanément, l'adresse de la victime. Et devient ainsi leur complice, presque jusqu'à l'ombilic. De cette anecdote indigeste, quarante ans plus tard, Rozier fait un roman. (…) Que devient-on quand on grandit dans la brume ? « J'ai plongé dans un océan et je n'ai refait surface que vingt ans plus tard, sur l'autre rive. » En s'enfonçant bientôt de tout son être dans la matrice yiddish - « des Juifs sans Dieu mais pourvus d'une culture singulière et d'une langue propre, le yiddish, leur colonne vertébrale, leur substitut de territoire depuis un millénaire en Europe » - Gilles absorbe «les dernières bulles remontant d'une Atlantide. Le trésor patientait sous l'eau et [il l'avait] découvert ». De petit antisémite accidentel, il devient l'un des grands spécialistes actuels de la culture et de la littérature yiddish. Et tout s'éclaire. « J'étais le petit-fils de Moshé. (...] J'avais suivi son étoile, mon étoile, et j'avais mis sa langue dans ma bouche. » Au fond, derrière les yeux bleus brumeux du tout jeune Gilles, la vile lettre lui était peut-être déjà adressée, à Moshé, assassiné par les nazis à 42 ans, comme une demande brusque, adolescente, de sens. Pourquoi, grand-père, le Ille Reich, pourquoi l'antisémitisme ? « Il existait, il existe et il existera tant qu'il y aura des moustiques sur terre. »
    Courant autour du tourniquet de son enfance, déjouant avec grâce les nids-de-poule me, myself and I de l'autofiction, Gilles Rozier s'inspire du souffle des vies convoquées pour élaborer ce roman initiatique, humble et souvent émouvant, qui nous invite aussi, avec Aragon, à prendre toujours le «parti des fusillés».

    LE MONDE des livres

    Août 2019

    Gilles Rozier défait les silences

    Le conseil de discipline doit statuer sur le cas d'élèves ayant envoyé à un professeur une lettre arborant six croix gammées et le message : « Vieux Juif, tu seras puni par le troisième Reich. » Nous sommes en 1975, et Gilles Rozier, 12 ans, familier des recherches dans l'annuaire par goût des blagues téléphoniques, fait partie des accusés pour avoir communiqué aux auteurs de la missive l'adresse de leur enseignant. Connaissait-il son contenu ? Ses parents lui demandent de quitter la pièce pour révéler l'information censée le disculper : « Comment voulez-vous que mon fils soit antisémite alors que mon père est mort à Auschwitz ? », demande sa mère, qui ne parle jamais de l'histoire familiale. Les deux scripteurs sont renvoyés ; Gilles, dispensé de revenir avant les grandes vacances, quinze jours plus tard. De « lévénement », on ne parlera plus. Jusqu'à ce qu'un courriel le ramène à la mémoire de l'auteur, devenu traducteur du yiddish et de l'hébreu, écrivain et éditeur. Dans Mikado d'enfance, son huitième roman, il se penche sur l'enchevêtrement de silences qui ont précédé « lévénement », et ceux qui l'ont suivi. Il dit aussi le mélange de questions (liées au genre, à la religion, à la classe sociale) auquel, enfant et adolescent, il a dû faire face. Avec intelligence, il ne cherche pas à débrouiller complètement ce « mikado » - lequel apparait surtout comme une pièce essentielle du puzzle qu'est la quête identitaire menée, de livre en livre, par Gilles Rozier.

    Psychologies

    Août 2019

    Bouleversant

    Gilles Rozier, romancier et éditeur, reçoit un message qui fait surgir un souvenir oublié. Il y a longtemps, collégien timide, fasciné par deux garçons sûrs d'eux, il avait accepté de leur donner l'adresse de leur professeur d'anglais. La lettre envoyée était une missive antisémite. « Vieux juif, tu seras puni par le IIIe Reich. » Le romancier tente alors d'analyser ce qui s'est passé. Pourquoi lui, fils d'une mère juive dont la famille a disparu dans les camps, a-t-il participé involontairement à cet acte ? Que ne voulait-il pas savoir, voir ? Gilles Rozier ne plaque pas de grossières interprétations. Au contraire, il laisse toute la place à l'incompréhensible, au trouble du tout jeune adolescent, perdu, à la recherche de son (ses) identité(s) et éperdu de désir d'être aimé. Bouleversant. C.P-D.

    l'OBS

    Août 2019

    Un texte tout en finesse

    Pour Gilles Rozier, la mémoire est un écheveau, un jeu de mikado d'où certains souvenirs jaillissent par surprise. Ici, le courrier d'un camarade d'enfance fait remonter un épisode refoulé depuis quarante ans. Avec deux copains de classe de Vizille, il envoya une lettre antisémite à un prof d'anglais, M. Guez, rapatrié d'Algérie. S'ensuivit un conseil de discipline traumatisant qui provoqua son exclusion de l'établissement. (…) Plongée dans les années 1970, théâtre de cet événement bouleversant, élément constitutif de la conscience juive de l'écrivain. Un texte tout en finesse, à la fois personnel et universel sur l'adolescence, un entre-deux-mondes où tout reste encore à écrire.

    Le courrier de Genève

    Août 2019

    Racines enfouies

    (…) Celui qui est devenu spécialiste du yiddish signe avec Mikado d'enfance le très beau récit de sa rencontre avec ses origines. C'est l'écriture qui lui permet de sonder les zones d'ombre du passé familial et ses propres angles morts ; de comprendre pourquoi il a choisi d'apprendre cette langue en voie d'extinction, « partie émergée d'un iceberg » qui rappelle un monde englouti ; de retrouver, enfin, la filiation avec un grand-père occulté par l'histoire familiale. « J'avais suivi son étoile, mon étoile, et j'avais mis sa langue dans ma bouche. »

    RCJ

    2 Sept. 2019

    Un très beau livre sur le doute, sur le souvenir

    Gilles Rozier au micro de Josyane Savigneau et Paule-Henriette Levy sur RCJ à écouter ici :

    The times of israël

    4 Août 2019

    Le traumatisme d’enfance selon Gilles Rozier

    Dans Mikado d’enfance, un roman délicat et touchant dont l’enfance nourrit la trame narrative, l'auteur fait de l’intime une œuvre littéraire qui parle à chacun de nous.

    - (...) quelques éléments biographiques s’imposent dans ce livre à l’évidence très personnel. Vos parents se sont installés à Grenoble, fief paternel. Sauf erreur, le prénom du père, catholique, n’est pas précisé…

    - Non, en effet, il n’y a pas son prénom dans ce livre.

    - Votre mère, juive et fille de déporté, s’appelait-elle bien Annette Szwarcbrot ?

    - Ce n’est ni le vrai prénom ni le vrai nom.…

    - Peu importe, finalement, la véracité des noms et prénoms. L’idée n’est-elle pas de souligner la volonté de votre mère d’adopter « un bon nom français pour se fondre dans la masse » ?

    - Bien sûr. J’ai joué avec cela. Dans un passage du livre, je dis que j’aurais pu changer les prénoms dès la première ligne mais que j’avais envie des vrais. Et finalement, j’ai modifié la plupart. C’est la liberté octroyée par le roman…
    Suite de l'interview ici :

    Avis des lecteurs

    Commentaires (0)