le livre Attendez-moi métro République de Hanan Ayalti des éditions de l'Antilope
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Attendez-moi métro République

Pages:448
Éditeur:Éditions de l'Antilope
(5/5)

NOTES DES LECTEURS

NOTRE PITCH

Une famille juive polonaise émigre à Paris dans les années 30. De l’entre-deux-guerres au Front populaire à l’occupation nazie et la résistance, nous allons suivre plusieurs destinées et, en particulier celle de Jacques, le fils, devenu un jeune homme communiste engagé, amoureux de Germaine, non juive, l’interdit…

Bien sûr l’histoire se situe pendant cette terrible guerre que l’on ne connait que trop bien mais ce texte est criant de vérité : écrit sur le vif en 1943, c’est bien une partie de la vie de l’auteur que l’on ressent ici.

Inévitablement, tout au long du récit, il y est question de problèmes d’intégration, d’assimilation des quatre membres de la famille… L’Histoire se répète.

L’auteur analyse avec beaucoup de finesse la psychologie des personnages, la société de l’époque. L’étude sociologique des différents quartiers de Paris sont extrêmement bien documentés. Ce récit émouvant possède à la fois les attributs d’un roman populaire et les qualités d’un document clairvoyant.

FRAGMENT

« Le pletzl était délimité par de larges boulevards, des monuments et de grandes places. Il était coupé au sud par la rue de Rivoli. (…) À l’est, le pletzl allait presque jusqu’à la Bastille où, quelques générations plus tôt, les citoyens de la ville avaient démoli la prison royale. (…) De là, les immigrants juifs s’étaient dispersés. Les ouvriers étaient partis à Belleville, où ils avaient installé leurs clubs et leurs maisons de la culture ; ceux qui s’étaient fait une situation avaient glissé jusqu’aux Grands Boulevards pour y ouvrir un beau magasin et louer un appartement confortable. C’était une première étape. Certains avaient déménagé plus loin vers l’ouest, vers les quartiers élégants de Passy ou d’Auteuil, dans des immeubles neufs construits à proximité du bois de Boulogne. Là-bas, pas la moindre boucherie casher, pas de magasins de livres religieux, pas de maisons de prière, seulement les quelques belles synagogues des Juifs français enracinés de longue date. On avait envoyé les enfants faire des études et, avec le temps, ils s’étaient coulés dans le moule et fondus avec les israélites de souche. »

LES MOTS QUI VIENNENT

Occupation nazi – identité - Paris – communisme - Front Populaire - exode - amour

ATOUTS

Témoignage contemporain de l’époque décrite - analyse par un témoin privilégié : l’auteur, lui-même juif d’origine polonaise - bien rythmé

MOOD

En balade dans le marais, quartier juif historique de Paris.

À NOTER

L’auteur a fui la France en 1942 et a écrit le livre en Uruguay en 1943. Cela a permis de faire découvrir aux juifs d’Amérique, avant la fin de la guerre, les conditions de vie de la France occupée.

Hanan Ayalti est né en 1910 en Pologne, dans une famille juive traditionnelle. Il a vécu en Palestine, puis en France de 1933 à 1942. Il a participé à la guerre civile en Espagne (1936-1937) comme correspondant pour la presse yiddish. Réfugié en Uruguay en 1942, il y a résidé jusqu’en 1946. Cette année-là, il s’est installé à New York, où il est mort en 1992. Il est l’auteur de romans et de nouvelles en yiddish, et d’un roman en hébreu. Son œuvre était jusqu’à présent inédite en français. 

Détails du produit

Hanan Ayalti
Attendez-moi métro République - Éditions de l’Antilope

Fiche technique

Pages
448
Éditeur
Éditions de l'Antilope

La presse en parle

L'express

1er mars 2017

(…) Ce roman unique permet d’entrevoir ce que fut la vie des juifs dans la souricière, qui était devenu la capitale française, quadrillée par la Gestapo. Écrit en yiddish, il est paru en feuilleton des 1943 à Montevideo.

LIvre hebdo

2 mars 2017

Une histoire de famille, d’engagement et d’amour

Les écrivains sont souvent les premiers à percevoir les mutations inquiétantes d’une société. À l’heure où le monde semble vaciller, il est intéressant de se pencher sur une voix surgie du passé. Hanan Ayalti a été un « témoin privilégié tout autant qu’une victime de la furie des hommes, il a transformé ses épreuves, ses survies, en autant de matières littéraires », explique l’éditeur Gilles Rozier, dans la préface. (...) L’étau se resserre sur les Juifs, incitant Hanan Ayalti à fuir en Uruguay, en 1942. C’est là qu’il écrit ce roman qui sert de révélateur aux lecteurs sud-américains. (...) De par son souffle très romanesque, ce page-turner nous emporte dans le tourbillon de l’histoire, tout en nous rappelant qu’elle est faite de courage et de lâcheté, de petites gens et de grands sentiments.

La semaine

30 mars 2017

Un témoignage rare, écrit sur le vif

(…) Des débats passionnés d’avant-guerre à l’occupation, Hanan Ayalti restitue par flash-back l’ambiance d’une époque où l’on croyait à la politique, tandis que les traditions religieuses perdaient du terrain. Le Front populaire, la débâcle espagnole, l’affrontement entre pacifiques et partisans de la guerre, sont transcrits avec le regard du journaliste. Celui-ci fait revivre les joyeuses manifestations ouvrières où l’on pique-niquait en famille, au son d’orchestres qui donnaient un air de fête au rassemblement. L’amour entre Jacques et Germaine, jeune vendeuse dans un grand magasin, permet de transcender les communautés, tout en posant la question, toujours aussi actuelle, de la judéité. Bienveillant envers ses héros, Hanan Ayalti sait se fondre dans leurs pensées les plus secrètes, décrire les actions clandestines des résistants, rejouer les cas de conscience tragiques auxquelles ils étaient confrontés face aux représailles allemandes, sans hésiter à donner à ce texte une dimension romantique touchante. Par la même occasion, il nous oblige à réévaluer des notions de courage largement dévoyées aujourd’hui. Au moment où les preuves abondent d’une transmission défaillante - caricatures puisées dans le registre antisémite, montées des racismes, du populisme et du nationalisme - cette fiction terriblement réaliste, s’adresse à un large public et pourrait initier en douceur une jeunesse réfractaire à l’Histoire. Un témoignage rare, écrit sur le vif, dégagé du poids terrifiant de la suite qui, du coup, contient une part de légèreté et d’humour.

marianne

27 avr. 2017

Paris, 1942 raconté par un Zola juif

(…) Traduit en français par Monique Charbonnel-Grinhaus, il décrit avec un réalisme, une abondance de précisions et un humour forcément tragique la vie d’une famille juive polonaise dans le Paris de 1942. Attention, pas de sensiblerie : les relations entre les « israélites français » et la plèbe juive immigrée sont décrites avec férocité. On ne se mélange pas, même quand la mort rôde, quand la Gestapo est à vos trousses. Hanan Ayalti restitue avec la même lucidité, les espérances trahies et les grandes illusions du prolétariat juif qui persiste à croire à la cause des peuples quand tous les peuples l’ont abandonné. Seul espoir dans la bibliothèque de Jacques Sokolovski, le fils du tailleur qui a rejoint la résistance (…) Émile Zola. « Zola , pense son père en fouillant dans la bibliothèque interdite de Jacques, c’est une grosse tête, il a écrit tellement de livres et a encore trouvé le temps de défendre un juif ! ».

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